karaté do shotokan :: La respiration
Index - FAQ - Rechercher - Membres - Groupes - S’enregistrer - Messages Privés - Connexion
La respiration

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    karaté do shotokan Index du Forum -> Réflexions théoriques pour une bonne pratique -> Réflexions d'ordre général
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
abdel


Hors ligne

Inscrit le: 14 Mai 2013
Messages: 425
Localisation: Témara, Maroc
Masculin
Style: shotokan
Grade: ceinture noire 1er Dan

MessagePosté le: Jeu 30 Mai - 19:19 (2013)    Sujet du message: La respiration Répondre en citant

Voilà un sujet de la plus haute importance.

Tout karatéka devrait savoir que ne pas maîtriser sa respiration revient à ne pas faire de karaté du tout !

Je pourrais même dire que la respiration est le pilier principal de l'édifice du karaté, sans respiration, tout s'écroule, il n'y a plus de base solide !

En effet, l'acte de respirer nous relie au monde, à notre environnement, c'est notre carte d'identité "d'être vivant", car si on ne respire plus, c'est qu'on est mort. La respiration est donc l'expression de la vie, de toute existence sur terre (que l'on respire par les poumons ou par autre chose, comme les poissons...).

L'oxygène est nécessaire à la vie. Nos poumons vont l'amener vers le sang (au niveau des alvéoles) et ce dernier va le transposter jusqu'aux cellules et ramener l'air vicié en retour, vers les poumons. Toute fabrication de l'énergie au niveau des cellules a besoin d'abord d'oxygène puis de nutriments. Sans nutriments, on peut vivre quelques jours, mais sans oxygène on ne peut vivre que quelques minutes.

On a donc besoin d'oxygène pour fabriquer notre énergie afin de pouvoir bouger, marcher, etc, mais aussi afin de pouvoir penser et réfléchir. En effet, un cerveau sans oxygène ou mal oxygéné devient déréglé et produit moins d'idées, de pensées correctes et logiques. Le cerveau n'occupe que 2 % de notre poids, mais il consomme 20 % d'oxygène !

L'oxygène est donc aussi essentiel pour notre énergie physique que pour notre énergie mentale !

Quand on a peur, qu'on est en colère, ne respire-t-on pas très vite ? C'est parce que le cerveau est perturbé par un événement extérieur qu'il a besoin d'oxygène pour revenir à son équilibre et produire une contre-attaque mentale à cet événement !

A ce propos, il faut remarquer que certaines fonctions de notre organisme se font automatiquement par le système nerveux autonome  (ou neurovégétatif). On ne peut pas par exemple agir consciemment sur le fonctionnement du cœur et le faire arrêter de battre puis le redémarrer comme on le fait avec son ordinateur ! On ne peut pas agir sur le système digestif  et arrêter la digestion ou stopper la production du suc gastrique quand on veut.

Toutefois, la respiration échappe à cette règle. Elle est bien régulée par le système nerveux autonome; car on respire automatiquement, sans y réfléchir, en temps normal. Mais on peut agir sur la respiration en l'arrêtant, en l'accélérant et en la ralentissant. C'est que le corps humain est doté de cette merveilleuse faculté de jouer de sa respiration car il vit dans un milieu qui est parfois hostile.


Si on plonge dans l'eau, on stoppe sa respiration, si on sent un gaz, on stoppe notre respiration. Sans cette faculté de stopper la respiration, les occasions de mourir vont se multiplier à l'infini et l'homme risque de disparaître de la terre. C'est pourquoi, il a été doté de cette faculté inestimable de jouer avec sa respiration.

A l'inverse, c'est le corps qui nous demande de jouer avec notre respiration : la peur, le stress, la colère font accélérer notre respiration, donc notre cerveau nous ordonne de lui fournir plus d'oxygène car il est en détresse. C'est la même chose quand nous fournissons un effort soutenu, on halète, c'est le corps qui demande du carburant car il a épuisé son stock. Il faut de l'oxygène pour brûler de nouvelles calories et fournir d'autres efforts.

Une respiration désordonnée, trop lente ou trop courte, en plein effort, nous fera nous écrouler, asphyxié et à bout de souffle. C'est pourquoi, tous les sportifs, les chanteurs, tous les travailleurs de peine, font rythmer leur respiration au rythme de l'effort.

En karaté, on exige du corps et de l'esprit plusieurs actions à la fois  et pour un même geste, en un temps très court : la stabilité, la puissance, la rapidité, la contraction, la décontraction, la concentration totale de l'esprit, le kime final en fin de course de la technique. Il ya donc beaucoup d'énergies à fournir en un temps très court. Le hic, c'est que rien de tout cela ne doit transparaître ! Il ne faut pas avoir l'air de soulever une montagne en exécutant une technique ! Débrouillez-vous pour que le geste paraît si souple alors qu'il ya un magma d'efforts (physiques et mentaux) derrière lui !


Alors comment font ces karatékas qui, au bout de l'exécution de 5 ou six katas successifs, sont souriants et paraissent avoir fait seulement une promenade...de santé ? Comment font-ils pour ne pas s'épuiser en combat ?

Le secret réside dans la respiration. Mais pas n'importe quelle respiration. Il s'agit de la respiration abdominale, qui est reliée au travail du hara.

On sait par expérience que l'on ne peut pas faire d'effort en inspirant. C'est parce que l'inspiration est l'acte qui fournit l'oxygène pour pouvoir faire une action. Il faut d'abord puiser l'oxygène avant de faire une action énergique. Donc on ne peut pousser un objet en inspirant, on ne peut pas frapper en inspirant, on ne peut pas faire ses besoins (w. c.) en inspirant. Tout effort sera donc fait en expirant, c'est à dire en lançant son énergie vers l'extérieur, avec l'air expiré, d'où le travail du hara avec l'expiration.

Remarquez que si on reçoit un coup alors que l'on inspire, l'impact sera plus dur que si on expire. C'est que, en inspirant, le corps est ouvert et relâché, il est passif car il attend sa dose d'oxygène; il est en phase de construction de l'énergie, il est donc ouvert vers l'extérieur. Il est en Yin (le côté passif, négatif, femelle).Il est aussi en kyo, c'est-à-dire en déséquilibre mental et physique.


 Durant l'expiration, l'énergie est reconstituée et le corps dégage l'air vicié, donc il se défend. Il est plus dur et fermé à l'extérieur, fermé à l'échange avec cet extérieur. Il est en Yang (le côté positif, actif, mâle) Le coups reçu aura donc moins d'impact.


Remarquez aussi que le système neurovégétatif nous permet de faire les actions conscientes. Si la respiration est automatique, alors on  s'occupe à faire autre chose. Mais dès qu'on s'occupe de sa respiration, alors on ne peut pas faire autre chose de conscient, en même temps.


Il faut donc s'entraîner à moduler sa respiration en agissant par le ventre et de rendre cette façon de respirer automatique, afin de libérer l'esprit et de lui permettre de s'occuper des actes conscients.


Le karatéka doit en effet avoir l'esprit vide pour se concentrer sur sa technique et sur son adversaire. Rien ne doit transparaitre dans son regard. Comme le disait Maître Kasé, il a un esprit de glace dans un corps de feu.


La respiration thoracique va certainement le trahir, car la cage thoracique va visiblement s'enfler lors de l'inspiration. C'est le moment idéal pour son adversaire pour l'attaquer. De plus, ce genre de respiration fait crisper les muscles du thorax  et des épaules et cela va fausser la transmission de l'énergie du hara vers le bras, en passant par le dos et  les épaules.


La respiration abdominale fait entrer plus d'air et en fait chasser plus, Il suffit d'en faire l'expérience. On inspire en gonflant légèrement le ventre et on expire en le dégonflant. Cela est moins visible en karatégi (kimono). Cela fait aussi masser nos entrailles et permet donc un bon transit.


Cette façon de respirer aura sans doute un lien étroit avec le hara, ce centre de nos forces situé deux centimètres sous le nombril. C'est la source de notre énergie et c'est le lien qui nous unissait à la vie, à l'état de fœtus, avant la naissance. Il contient notre identité à l'état intact, en dehors de toute influence néfaste de l'extérieur, des émotions, des déformations, etc. D'où l'idée recommandée de penser avec son hara et non sa tête, pour avoir les idées claires et nettes et donc prendre les bonnes décisions, car le hara est vierge et la tête est emplie d'un Moi égoïste , stressé et complexé.


Cela peut paraitre comme des élucubrations extrêmes-orientalistes, mais pourtant, en arts martiaux tout vient de ce fameux hara. La science elle-même n'arrive pas à expliquer le pourquoi de la réunion de certains muscles à cet endroit-là, en forme de cylindre au deux bouts creux.


Comme il est d'usage de contracter son hara pour lancer son énergie en exécutant  une technique, il est également d'usage de comprimer ses muscles abdominaux pour expirer à l'impact. L'expiration sert dans ce cas à transmettre le flux énergétique du hara vers le bassin (hanche concernée par le geste), puis genou, puis pied ou alors vers le dos, l'épaule, coude, puis main.


On voit bien que le circuit d'énergie  est épousé par la modulation de l'expiration : brève ou longue, ou modulée selon la technique exécutée, selon le but recherché. Il est épousé en fait par toute la respiration. Pour amasser son énergie et la concentrer sur le hara , on fait des exercices respiratoires par l'abdomen en imaginant, à l'inspiration, capter cette énergie à partir du sol (ou du ciel), la sentir emplir notre corps et y circuler, puis la dégager en expirant.


En méditation, en yoga, en tai chi chuan, en qi gong, etc, il est de rigueur de respirer par le ventre.


Comme chacun a sa façon de moduler sa respiration dans son art, il n'est pas possible de recommander une respiration standard. Les Maîtres fondateurs ont cependant discerné entre plusieurs formes de respiration abdominales qu'il faudrait s'entraîner à adapter à sa pratique.


Ils ont proposé cinq formes de respiration :


-          Inspiration longue et expiration longue
-          Inspiration longue et expiration courte
-          Inspiration courte et expiration longue
-          Inspiration courte et expiration courte
-          Respiration modulée selon les quatre premières formes en les combinant entre elles pour donner six autres variantes. Pour un total de dix façons de respirer.


On n'aura donc jamais le temps de…respirer pour finir de les apprendre toutes !


En résumé, il faudrait donc inspirer en sortant de la distance, pour ne pas se faire choper en ce moment de faiblesse, inspirer entre deux actions, expirer en frappant ou en défendant, expirer en exécutant deux mouvements successifs (deux expirations brèves), attaquer lors de l'inspiration de l'autre, pas de respiration sonore (jamais !), ne pas fermer et ouvrir la bouche pour respirer, on saura facilement quand vous inspirez, garder la bouche fermée ou semi-ouverte, etc.


Nous avons des katas respiratoires pour s'entraîner à combiner les formes de respiration, comme hangetsu et sanchin.


Bref, il faut faire de la respiration abdominale la pierre angulaire de votre cheminement sur la voie, de votre vie en général, de tous les jours, cela vous fera le plus grand bien du monde.


Tenez, si vous avez respiré par le ventre, vous avez certainement lu ce long article, sans vous essouffler et sans vous ennuyer.


Si vous ne l'avez pas fait, alors vous avez raté quelques bons conseils…












Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 30 Mai - 19:19 (2013)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
charlesrene


Hors ligne

Inscrit le: 18 Juil 2013
Messages: 130
Localisation: paris (près de)
Masculin
Style: shotokan et mawashido
Grade: 38 ans de pratique

MessagePosté le: Mar 6 Aoû - 09:34 (2013)    Sujet du message: petite précision Répondre en citant

Juste une petite précision. 
Quand on parle de respirer avec le ventre ou avec les abdominaux, on localise la zone mais pas l'outil si j'ose dire.
En fait, ce type de respiration se fait avec le diaphragme, qui lui participe à ce type de respiration. Il et donc important de prendre conscience du diaphragme et de s'habituer à respirer avec. A l'inspiration, il pousse vers le bas, à l'expiration, il remonte. On peut imaginer une sorte de paroi horizontale coupant le corps en deux et qui descend à l'inspiration et remonte à l'expiration. Le placement du bassin est également un point important puisque en redressant le dos il améliore ce type de respiration.
Souvent, lorsque l'on parle du ventre, la tendance est de le gonfler, décalant ainsi le centre de gravité vers l'avant. En outre, gonfler le ventre est visible et présente le même inconvénient que de gonfler la poitrine.
_________________
Franck Charles René LEGER
http://mawashido.free.fr


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:00 (2017)    Sujet du message: La respiration

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    karaté do shotokan Index du Forum -> Réflexions théoriques pour une bonne pratique -> Réflexions d'ordre général Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB
Appalachia Theme © 2002 Droshi's Island
Traduction par : phpBB-fr.com
Designed & images by Kooky