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La régularité

 
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abdel


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MessagePosté le: Ven 24 Mai - 16:24 (2013)    Sujet du message: La régularité Répondre en citant

Quel rapport, me diriez-vous entre la régularité de l'élève et la construction d'un cours ou d'un programme ?

Je dirais sans sourciller que, sans régularité, un cours ou un programme ne servent strictement à rien !

Prenons le système scolaire comme base de référence et réfléchissons sur la question .

Dans ce système, la présence de l'élève (comme du prof) est érigée en dogme. L'absence est l'ennemi recherché comme on recherche un hors-la-loi. Il y a même un bureau des absences qui tiennent à jour des registres qui répertorient les absences de l'élève  et les indiquent sur son bulletin de notes.

On ne peut pas en effet échaffauder tout un programme, puis prêcher devant le vide, on ne peut pas inculquer à l'élève une suite logique de compétences si sa présence est en dents de scie.

Tout comme en classe, les élèves en karaté doivent être assidus aux cours pour que le sensei puisse  maîtriser la progression de son programme dans leur apprentissage individuel.

Vous savez qu'en milieu rural, il existe des classes d'enseignement primaire à niveaux multiples parce que l'effectif de chaque niveau est trop faible pour en faire une classe d'un seul niveau (on va mélanger le niveau1 avec le 2, le 3, etc). Il est évident que l'enseignant doit veiller à la progression de chaque niveau à part, dans le même temps et dans le même espace (donner un exercice à un niveau "x" pour l'occuper et apprendre un fait nouveau au niveau "y", puis faire l'inverse... ). La pédagogie des classes à plusieurs niveaux ne sera donc pas la même que pour un seul niveau.

C'est exactement ce qui se passe dans un dojo, on a plusieurs niveaux de progression mais avec d'autres difficultés  en sus :

- Le groupe n'est pas homogène quant à son origine : il n'appartient pas en entier à votre dojo dès le départ, car il ya de nouvelles arrivées provenant d'autres dojos
- Le groupe n'est pas homogène quant à la date d'inscription : il ya de nouveaux inscrits à n'importe quel moment de l'année
- Le groupe n'est pas homogène quant à l'âge des pratiquants et donc plus difficile à gérer quant aux humeurs, egos, "punitions", etc
- Le groupe n'est pas homogène quant à l'activité : En système scolaire, on a des élèves tout court, mais là , on a des élèves, des étudiants, des fonctionnaires, des ouvriers, etc.

On peut jouer sur certains de ces facteurs mais pas sur d'autres. Par exemple, on peut jouer sur le facteur âge et séparer jeunes et adultes (si on a  le temps et l'espace pour ce faire).
Mais peut-on séparer les nouveaux des anciens en des cours différents? Lles chomeurs, des travailleurs ?

On voit donc déjà que la structure d'un groupe de pratiquants présente tout un ensemble de contraintes qu'il faudra gérer différemment que pour un groupe homogène d'élèves d'un seul niveau.

Il faudrait donc à l'enseignant de karaté  de se documenter un minimum sur la pédagogie des classes à niveaux multiples et des classes pour les adultes (dont la pédagogie n'est pas du tout la même que pour les enfants).

En pédagogie des adultes il faudrait amener l'adulte à participer à la progression du cours en l'amenant à rechercher lui-même, donc à le responsabiliser, à mettre en avant ses comptéences acquises d'homme adulte, donc à l'écouter s'exprimer sur ses besoins, ses recherches, ses trouvailles.Comme un adulte, quoi ! Ne peut-on pas faire la même chose au Dojo ?

En pédagogie à niveaux multiples, il faudrait faire comme un acrobate qui fait tourner trois cerceaux à la fois : l'un autour de la taille, un autre autour du bras et un autre autour de la jambe. Il faut beaucoup de synchronisme pour éviter de faire tomber l'un des trois au cours d'un temps mort. Dans cette pédagogie, le temps est essentiel. Il faut l'utiliser de manière à ce que le temps imparti à un groupe soit en même temps un temps de recap utile ou de révision pour un autre groupe. Sinon ce sera du temps perdu pour ce groupe qui  n'aura rien à faire quand l'autre fait quelque chose. Ou bien, l'un des groupes assistera à une action de cours qui va le pertureber quand il fait sa révision.

Par exemple, je donne une leçon de conjugaison sur le passé composé pour le niveau avancé n°1 et en même temps, je donne un exercice de révision sur les adjectifs possessifs au niveau inférieur n°2. Que se passera-t-ill ? Le niveau 2 sera perturbé dans sa révision, en suivant malgré lui la leçon, nouvelle pour lui, sur le passé composé donnée au niveau 1, car on est là dans le même espace, une salle de classe unique.

C'est comme si, en dojo, vous présentiez pour un groupe avancé, la position kiba dachi et que pour l'autre groupe vous lui intimiez de réviser uchi uke avec un partenaire qui frappe zuki. L'attention de ce dernier groupe sera dispersée en regardant malgré lui les autres du niveau supérieur qui font comme des crapauds qui vont sauter...

On ne peut dans ce cas lutter contre la curiosité et le voyeurisme d'un groupe par rapport à l'autre.

Le mieux est de rendre positif ce voyeurisme et cette curiosité en homogénéisant les cours de façon à ce que les deux groupes ne soient pas dépaysés.

Par exemple je donne une leçon de conjugaison sur le passé composé pour un verbe irrégulier au niveau supérieur 1 et je donne un exercice écrit de révision sur les verbes réguliers au même passé composé au niveau inférieur. Comme ça, sa curiosité sera moins forte car une fois découvert qu'il s'agit d'une progression dans le même compartiment du savoir, il est sûr qu'il aura la même leçon plus tard, donc il ne sera pas dispersé outre mesure. L'idée de base de travail est de présenter le mêm fond de cours (la base d'un savoir) et de différencier la progression en difficulté selon les niveaux.

Ainsi donc en karaté, je peux supposer qu'un prof apprenne à tous ce qu'est une position kiba dachi, puis un autre temps plus tard demander au niveau inférieur de réviser cette position et en même temps le prof fera avec le niveau supérieur des séquences d'un kata utilisant kiba dachi, ou un kihon avec kiba dachi reprenant un kata supérieur de ceux du groupe niveau inférieur, alors que ce dernier fera un kihon groupé sur des gestes moins compliqués ( supervisé par un assistant du sensei). On ne sera pas, en gros, dépaysé, donc moins distrait.

Mais l'ossature de tout cela, de tout cours et tout programme reste la régularité aux entraînements. Il sera très peu probable d'obtenir une homogénéité palpable par le prof s'il ya trop d'absences à longueur d'année. On ne peut juger de la progression d'un pratiquant que selon la durée, une durée ininterrompue s'entend, et que selon qu'il soit votre élève ou un élève issu d'un autre dojo pour lequel il faudrait un autre laps de temps pour le juger (on peut lui faire passer un test, mais le résultat n'est que parcellaire car il ne donne pas une idée exhaustive  de ses compétences selon des situations inattendues et non imaginées d'avance pour le test).

On constate parfois (souvent des fois) des pratiquants qui s'absentent pour une longue durée. L'attitude des enseignants peut différer : l'un propose une dégradation pure et simple pour remonter à partir d'un niveau donné (après test), l'autre peut faire garder le grade et juger de l'évolution après un certain temps de pratique (à condition qu'il soit encore régulier), un autre fermera simplement les yeux et après un certain temps lui fera passer un examen de grade supérieur car il a déjà dépassé le temps recquis en ancienneté. Le résultat est le pire qui soit car on n'a pas jugé une progression mais une ancienneté, absences comprises. Ce qui peut léser moralement les pratiquants assidus et qui butent sur les examens ou qui y réussissent mais voient des larrons fausser leur légitime croyance en une progression accumulative grâce à la régularité.

Searait-il judicieux de mettre par exemple en place un système de présence ?

Par exemple compter l'assuidité aux cours en pointant les séances (exemple : trois séances par semaine x 4 semaines = 12 séances par mois). Pour avoir une ceinture orange par exemple , on multipliera par 8 mois pour avoir un total de 96 séances continues. Ce serait un minimum exigé pour prétendre à l'examen, le coup d'oeil de l'enseignant étant la référence de rigueur.

En cas de discontinuité, on instaurerait, avant l'examen, une période obligatoire d'assuidité de 2 mois par exemple. Si ces données sont notées sur la fiche du candidat, elles serviront à coup sûr comme repaire incontournable. On pourrait même penser à les faire figurer sur son passeport, mais là se pose le problème de chaengement de dojo et donc de prof. Personne ne sera en mesure de dire si, honnêtement, il va accepter des "unités de présence" provenant d'un autre dojo, car chacun ne croit dur comme fer qu'à son propre enseignement et son style personnel. L'enseignant ne choisit pas ses élèves, ils viennent à lui avec leur passif et leur actif. C'est l'élève qui choisit le maître. L eprof en tire une certaine légitimité qui asseoit la qualité de son anseignement sur ce "préjugé" (cela peut être vrai et faux à la fois)

Les fédérations se contentent des timbres de licence  et de l'avis du prof pour passer le premier DAN. Trois licences sur votre passeport est vous êtes " assidu " ! On voit bien le niveau des candidats et le nombre d'échecs...

La prise en compte de l'assuiduité est un élément fondamental pour assurer l'application de son programme et de surtout pouvoir en juger les retombées sur ses élèves.

C'est ce que faisait Maître Murakami, comme le rapporte Christian Bert dans un article sur le Maître ( Dojo Mercoeur, Paris France) :

" Dans les années 1960-1970 à Mercoeur, avant chaque cours, le Maître était assis devant une petite table faisant office de bureau, et on devait passer devant lui pour qu'il note notre présence. Malheur à celui qui avait oublié sa carte de présence car il recevait par dessous la table, un coup  de pied dans le tibia avec la phrase;"alors, vous oublié la carte ? et moi, j'ai oublié de venir ????? " .

Source de la citation :

http://shotokaieurope.org/index.php/fr/qui-sommes-nous-2/maitre-murakami


Alors à vos stylos pour noter la présence de vos élèves !

Oss !

Abdel


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MessagePosté le: Ven 24 Mai - 16:24 (2013)    Sujet du message: Publicité

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